15 médias indépendants nantais et 4 réseaux de médias se réunissent pour porter collectivement un plaidoyer à l’attention des candidat.es aux élections municipales.
Nantes, le 9 février 2026
Médias indépendants nantais : un enjeu démocratique local
La métropole nantaise dispose d’un écosystème exceptionnel d’une cinquantaine de médias indépendants (presse, radios, sites d’information…), majoritairement associatifs*. Cet ensemble garantit une information de proximité, pluraliste, essentielle à la vie démocratique locale.
Pourtant, cet écosystème est en péril, comme en témoignent par exemple les diffi cultés récentes de Jet FM ou du Vlipp. Des menaces pèsent sur le Fonds de soutien à l’expression radiophonique, qui constitue une source de fi nancement essentielle pour de nombreuses radios associatives locales. D’autres médias voient également les subventions de la région Pays de la Loire ou du Département de Loire-Atlantique disparaître ou baisser.
Une action forte au service d’un territoire vivant et solidaire
Les médias indépendants nantais informent les habitant·es sur l’actualité locale, qu’elle soit sociale, économique ou culturelle, mettent en valeur les initiatives associatives, la création locale, rendent compte des projets qui font évoluer le territoire, donnent la parole à celles et ceux qui vivent et agissent dans les villes, les quartiers, les commerces ou les entreprises.
De l’investigation au journalisme de solution, de la valorisation des initiatives locales aux transitions, ils participent à ces contre-pouvoirs qui sont le signe d’une ville en bonne santé. Ils contribuent à renforcer notre identité locale.
Dans un monde menacé par la désinformation, à l’heure des algorithmes de l’information et de l’IA, dans une période où les fake news volent en escadrille, ils proposent de l’éducation aux médias. Ils interviennent au plus près des enfants et des jeunes -qui se sentent souvent oubliés des grands médias- , dans les écoles, les collèges et les lycées.
Leur objectif ? Forger le sens critique, terreau de la prise de décision, du respect de l’environnement à l’égalité homme-femme, en passant par les nécessaires transitions économiques et sociales.
Dans le prolongement, ils accueillent de jeunes adultes en formation dans leurs locaux et mènent des actions d’intervention sociale auprès des publics les plus fragiles favorisant l’insertion et la participation à la vie démocratique par la pratique médiatique.
Par leur investissement au service du territoire, ils contribuent au débat d’idées et participent à former des citoyennes et citoyens responsables et éclairés, libres de participer activement à la vie de la cité.
Acteurs de leur territoire, et pour certains engagés dans l’ESS, ils souhaitent contribuer à sa réussite.
Renforcer un écosystème qui reste fragile
Les travaux de la Fondation Jean-Jaurès, notamment la récente étude de David Médioni (La démocratie peut-elle survivre sans médias ?), montrent que les territoires dotés de médias locaux dynamiques connaissent une participation électorale plus élevée, une cohésion sociale renforcée et une mobilisation citoyenne accrue. À l’inverse, l’aff aiblissement de l’information locale favorise abstention, défi ance et appauvrissement du débat public.
Or, l’écosystème des médias nantais reste fragile : modèles économiques précaires, emplois instables, manque de bureaux, besoins croissants en infrastructures numériques.
Dans un paysage médiatique de plus en plus polarisé, dominé par des groupes internationaux et des plateformes numériques puissantes, les médias locaux apparaissent comme les seuls acteurs capables de faire exister le local, de maintenir un lien direct avec les territoires et leurs acteurs. Face aux pressions économiques et à la révolution numérique, les pouvoirs publics ont une responsabilité pour soutenir ces acteurs et les accompagner vers l’avenir, tout en respectant leur indépendance éditoriale.
Sans soutien structuré, une partie de ces médias risque de disparaître.
Soutenir les médias indépendants, ce n’est pas une dépense sectorielle : c’est un investissement démocratique.
Renforcer les médias indépendants, c’est renforcer la démocratie locale.
Nous appelons les futurs élus et élues à s’engager sur la reconnaissance formelle et effective de leur rôle d’intérêt général, avec pour traductions concrètes :
● Faire connaître la diversité des médias locaux aux citoyennes et citoyens, par exemple en mentionnant leurs productions éditoriales dans les supports de communication des collectivités locales ;
● Apporter des aides financières stables et pluriannuelles pour maintenir les emplois ;
● Soutenir les projets de mutualisation ou de coopération (locaux, infrastructures, équipements…) ;
● Encourager la relocalisation de la publicité en incitant les annonceurs à choisir les médias locaux plutôt que les plateformes des géants du numérique et les réseaux sociaux, comme le préconisent les Etats généraux de l’information ;
● Accompagner les rédactions dans leur transformation numérique et leur usage éthique de l’IA via des programmes ou dispositifs de formation ou d’innovation.
Les premiers signataires
Médias : L’Onde Porteuse, Les autres possibles, SUN, Le Vlipp, Jet FM, PressPepper, Radio Kerne, Pop’ Média, Ici et Maintenant, Place Publique, Prun’, Alternantes, Revue 303, Radio Fidélité, Euradio
Réseaux : Ouest Médialab, Télénantes l’asso, Le Club de la Presse Nantes Atlantique, Coop-médias

